Témoignage authentique d’un « Jeune Citoyen du Numérique »

Alexandre Plent est engagé dans l’Ain en tant que Jeune Citoyen du Numérique au sein d’une « clique » qui réalise des actions multiples. Il nous livre son témoignage, connecté à sa réalité, et mis à jour suite à 6 mois de mission.

  • Quelles étaient tes motivations pour t’engager sur cette mission ?

Alexandre : « Mes motivations pour m’engager pour cette mission étaient dans un premier temps ma passion pour le domaine scientifique et notamment celui de l’intelligence artificielle et de la robotique, et aussi le fait que j’adore apprendre de nouvelles choses, et partager mon savoir. Dans un second temps, le fait que je me sente plutôt naturellement à l’aise avec un public jeune. »

  • Quelles actions as-tu réalisées dans le cadre de ce projet ? Peux-tu nous décrire une ou deux journées type ?

Alexandre : « Dans le cadre de ce projet, notre équipe à réalisé plusieurs interventions dans différentes structures (MJC d’Ambérieu-en-Bugey, Centre Social Le Lavoir… ndlr), sur différents thèmes avec des jeunes différents. Une première journée type que je pourrais décrire est la journée de préparation d’animation, où nos cerveaux carburent toute la journée pour trouver un tas d’idées. Si pendant les premiers mois nous avions un starter pack d’animation bien ficelé (ateliers de code avec Scratch, ateliers Voyageurs du Numérique (BSF), ateliers Intelligence Artificielle Custom Vision…ndlr), nous avons décidé en cours de route de nous renouveler et de chercher de nouvelles idées d’animations. Une deuxième journée type est une journée d’animation. Pendant 2/3 heures, on échange avec les jeunes, on tient à ce que ces temps soient vraiment interactifs. »

  • Quels instants liés à ce projet t’ont particulièrement marqué ?

Alexandre : « Je me rappelle d’une bénéficiaire, une jeune fille à qui on avait donné comme à ses camarades, une fiche de fin d’animation suite à 3 semaines d’intervention. Il était demandé aux enfants ce qu’ils avaient retenu des animations. Alors que la plupart des autres enfants n’ont pas répondu, elle a noté un élément important, même clé, en nous remerciant également à la fin de la fiche, et cela m’a particulièrement ému. J’ai réalisé pour la première fois l’impact de ce que je pensais être de simples animations ; d’autant plus que souvent, le public féminin est peu présent dans cette thématique, ce qui est fort regrettable. »

  • Qu’as-tu appris à travers ce projet ?

Alexandre : « J’ai appris quelques notions autour du numérique, mais le plus important selon moi a été l’apprentissage au niveau du travail en équipe ainsi qu’au niveau de la gestion des projets. Travailler avec les autres est un apprentissage à part entière dans notre vie, il faut être, selon moi, humble, et toujours équilibré, partager ses idées sans les imposer, maintenir une bonne ambiance sans mélanger le personnel, ce qui n’est pas souvent évident. Quant à la gestion des projets, même si une animation ne semble pas forcément élaborée, c’est un travail qui demande une précision d’orfèvre (et j’exagère à peine !), il faut vraiment tout prendre en compte, encore plus quand on souhaite réaliser une animation interactive ; penser à chaque question/réponse d’un enfant, être sûr de ce que l’on fait et être en accord avec le sujet, avec ce que l’on dit. C’est un travail bien plus important que ce que j’imaginais. »

  • Perçois-tu l’utilité de ton action auprès du public rencontré ?

Alexandre : « De par l’exemple que j’ai pu citer plus haut, j’ai pris conscience de cet impact et aujourd’hui je le ressens. Mais il arrive aussi que je puisse voir certains jeunes déçus par un ou plusieurs éléments, donc c’est pour ça qu’on tente constamment de se réinventer dans notre équipe, qu’on essaye au maximum de ne pas rester sur un échec, et qu’on fait tout pour que nos animations soient interactives, même si on sait qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, surtout que les enfants sont très exigeants ! »

Le programme « Jeune Citoyen du Numérique » est soutenu à l’échelle nationale par Microsoft Philantropies.

Entre « Re’Pairs », on se repère

Le Mardi 02 Avril, les volontaires « Re’Pairs Santé » engagés à Ambérieu-en-Bugey, Bourg-en-Bresse, Clermont-Ferrand, Lyon et Valence ont uni leurs idées à l’occasion d’une journée collective dédiée.

Au programme :

  • Speed-dating de volontaires autour des « kiffs et galères » vécus sur leur projet
  • Ateliers entre pairs : une occasion de sensibilisation sur des thématiques multiples (tabac, addictions, accès aux droits, cyber-harcèlement, consentement, intelligence multiple) mais aussi un échange d’outils adaptés pour des animations à renouveler.

Les volontaires ont quitté cette journée animée avec de nouveaux repères pour leur trois prochains mois de mission de sensibilisation santé.

Un échange de pratiques bien pratique pour faire avancer leur projet avec vitalité !

Dans l’Ain, s’investir pour l’avenir

Le 28 mars dernier s’est tenu un temps de rencontre entre les volontaires engagés à Ambérieu-en-Bugey et deux professionnels spécialistes de l’emploi dans le département de l’Ain.

Grâce à l’investissement de deux chargés de mission, Pierre Capiaux du MEDEF de l’Ain et Mathieu Robin de la Communauté de Communes de la Plaine de l’Ain, les volontaires ont plongé dans le bassin d’emploi local, à la source d’informations primordiales pour leur insertion sociale.

Au programme de la matinée :

  • Présentation de l’état de l’emploi dans le département
  • Présentation des pré-requis employeurs
  • Échanges en entretien individuel d’une vingtaine de minutes afin de permettre aux volontaires intéressés de postuler sur des formations diplômantes en alternance sur des métiers ciblés.

Retour sur ce temps d’échanges avec Pierre Capiaux et Mathieu Robin :

  • Pour quelle(s) raison(s) avez-vous accepté de prendre part à ce temps de rencontre et d’appui professionnel auprès des volontaires ?

Mathieu Robin : « La situation de l’emploi est très tendue sur notre territoire du fait d’un taux de chômage relativement bas. Les entreprises ont de plus en plus de mal pour recruter. Elles sont prêtes à former s’il y a des candidats motivés ayant les savoir-être nécessaires. Le problème est qu’il n’y a que très peu de candidats car les habitants du territoire, notamment les jeunes ont une méconnaissance du bassin d’emploi, de sa réalité et de ses opportunités. Permettre aux volontaires en Service Civique de connaître l’environnement de l’emploi est un atout pour leur insertion professionnelle et cela permet de travailler sur les difficultés de recrutement des entreprises. »

Pierre Capiaux :  » J’anime une action locale qui a pour vocation de rapprocher demandeurs d’emploi et entreprises. Dans nos échanges avec les dirigeants et responsables de ressources humaines, nous constatons souvent une grande méconnaissance des métiers et du monde du travail en général chez les jeunes (et les moins jeunes d’ailleurs !). C’est la raison pour laquelle j’ai accepté d’intervenir auprès de ces jeunes en Service Civique. L’objectif était bien de leur permettre de nourrir une réflexion sur les débouchés et les possibilités locales d’orientation professionnelle. On le sait, dans la majorité des cas, les publics jeunes les plus éloignés de l’emploi, les moins diplômés, et qui ont nécessairement besoin d’un accompagnement sont aussi les moins mobiles. »

  • Quel ressenti conservez-vous de la rencontre avec des volontaires engagés en Service Civique et la découverte de leurs profils et projets d’avenir ?

Pierre Capiaux :  » Je retiendrai deux choses : la grande diversité des profils et des parcours de ces jeunes et leur capacité à se conseiller entre eux. Parfois les mots de l’adulte ou de l’expert ne sont pas ceux qui marquent le plus les esprits…Parfois, ce sont quand les jeunes parlent aux jeunes que les messages sont les plus clairs.« 

Mathieu Robin : « Même si chaque profil était unique, avec ses potentiels et ses difficultés, j’ai noté beaucoup d’envie, de curiosité et d’intérêt. La majorité avait réussi à se positionner sur un projet clair, en déterminant les conditions pour réussir. D’autres avaient besoins de conseils bienveillants et de retours concrets sur leurs différentes idées, pour pouvoir se positionner plus facilement. »

  • Quels conseils et regard professionnel avez-vous pu apporter aux volontaires que vous avez rencontrés ?

Mathieu Robin : « On a rappelé des principes de base mais terriblement vrais : l’importance de la première impression, de la présentation, des savoir-être. A mes yeux, le plus important est d’avoir pu leur ouvrir l’esprit sur des possibilités qu’ils ignoraient. Qu’ils les choisissent ou non est une autre histoire. Au moins ils auront eu toutes les cartes en main. De plus, on a pu relayer les attentes de chefs d’entreprise afin que les jeunes soient en phase avec le marché de l’emploi. »

Pierre Capiaux : « La plupart des jeunes rencontrés avaient visiblement besoin de reprendre confiance et de reprendre pied avant de penser à leur avenir professionnel. Tous avaient des projets, mais restant à affiner. Dans la plupart des cas, il existe un écart entre la perception d’un métier et les efforts à consentir pour y arriver. Nous avons pu leur apporter un avis sur la faisabilité de leur projet, même si aucune porte ne se referme jamais vraiment. (…) Avec l’expérience du monde du travail, un professionnel averti, même parmi les moins qualifiés, sait prendre en compte le développement du réseau comme facteur clé de réussite. Nous avons donc essayé d’apporter un peu du concret : un nom d’école, une piste, un contact pour leur permettre de faire rebondir leurs questions auprès du bon interlocuteur.« 

  • Plus largement, comment percevez-vous la qualification du Service Civique comme tremplin vers le milieu professionnel ?

Pierre Capiaux : « Aujourd’hui, l’entreprise ne peut pas tout faire. Pour former un jeune en entreprise, il faut quelques pré-requis indispensables : le « lire, écrire, compter » et surtout le fameux « savoir-être ». Le savoir-être, c’est précisément ce qui est travaillé dans le cadre du Service Civique. Pour l’entreprise, ce travail préalable est donc précieux pour pérenniser les collaborations de demain.« 

Mathieu Robin : « Le Service Civique permet de développer plusieurs compétences et savoir-être essentiels pour l’insertion professionnelle sur notre territoire :
– La fidélité dans un engagement sur un temps long, même lorsque ce n’est pas simple ou moins « fun » par moment
– Le respect des horaires, la présentation, le travail en équipe, l’aisance orale, le relationnel
– S’engager sur une thématique qui n’était pas notre cœur de cible, apprendre à apprendre, s’apercevoir qu’on est capable d’aller dans une autre voie (orientation, réorientation) »

« Famille en Harmonie » : répit & compagnie

« Famille en Harmonie » (FEH) est un programme de visites de convivialité hebdomadaires à domicile, réalisées par des binômes de volontaires auprès de personnes en situation de handicap.

Présentation multi-voix, de la Drôme à la Savoie

« Notre mission consiste à lutter contre l’isolement des personnes en situation de handicap et à soulager les aidants. Nous organisons des temps collectifs, des sorties ludiques et culturelles tout en développant un lien de confiance. Les visites durent deux heures et sont préparées en avance. » Léa, volontaire en Savoie

« Nous nous adaptons aux handicaps des enfants ou adultes rencontrés, mais également à leurs souhaits ou envies d’activités. » Agathe, volontaire dans la Drôme

« Être volontaire pour le projet Famille en Harmonie, c’est avant tout, accepter les différences et transmettre un message de tolérance au grand public. »

– Louna, volontaire dans la Drôme

Des partenaires experts impliqués dans divers départements

Des soutiens nationaux (CNSA, Humanis, Fondation Macif, Fondation SNCF) et locaux, tel que celui de la Fondation Mérigot (détaillé en vidéo) en Isère, permettent aux volontaires de déployer leur mission et de bénéficier de formations.

L’Association des Paralysés de France (APF) France Handicap est partenaire du programme Famille en Harmonie dans l’Ain, la Drôme et la Savoie. Un partenariat qui permet aux volontaires d’être en lien avec les adhérents de l’association et de prendre part à des temps de sensibilisation dans des écoles ou auprès du grand public.

Le sport occupe aussi une place d’importance pour porter le message de pratiques à adapter. Aux côtés du Comité Sport adapté de la Drôme, les volontaires participent à des événements sportifs tels que le Championnat Zone Alpes Pétanque et celui de Cross Sport Adapté.

D’autres partenaires tels que l’Association des Pupilles de l’Enseignement Public Sud Rhône-Alpes (PEP SRA) dans la Drôme, l’association Autisme Rhône Lyon Métropole, l’Association départementale de parents et amis de personnes handicapées mentales (ADAPEI) dans la Loire et la Plateforme Autisme Multiservices (PAM 73) en Savoie, forment et accompagnent les volontaires vers des enfants en situation d’autisme.

Marielle Bertin, éducatrice spécialisée à la PAM 73, explique ainsi son engagement pour l’accompagnement de volontaires : « Par leur jeunesse et le fait qu’ils ne soient pas éducateurs, cela nous permet de proposer du répit aux familles sous une autre forme. Un éducateur va avoir une position pédagogique alors que les volontaires peuvent jouer avec l’enfant, proposer des activités plus ludiques.« 

Des volontaires grandis & des bénéficiaires ravis

Engagée dans la Drôme, Agathe rend notamment visite chaque semaine à un jeune homme de 25 ans. Elle nous livre son témoignage :

« Je prends plaisir chaque semaine à lui rendre visite et à lui proposer des animations diverses. Nous sommes toujours très attendus. Je trouve ça magique qu’une toute petite animation puisse prendre une grande proportion et égayer toute une journée. Je me sens utile suite à ça, un sentiment de bonheur… cela n’a pas de prix.« 

« Grâce à toutes ces expériences que j’ai vécues depuis le mois d’octobre et que je vais continuer à vivre pendant 5 mois, j’ai pu me découvrir de nouvelles qualités humaines. C’est une expérience qu’on ne vit qu’une fois et qui permet d’être surpris, que ce soit par sa propre personne ou par le monde qui nous entoure.« 

La recette du bonheur de Samir & Agathe

Louna, également dans la Drôme, affirme acquérir des compétences humaines : « la tolérance principalement mais aussi la compassion, l’écoute et l’ouverture d’esprit. Nous créons avant tout des rapports humains très forts, des liens de confiance solides et une relation d’égal à égal. »

« Pendant mon service civique, ce que je développe le plus, c’est ma maturité et mon humanisme, mais aussi le sens de l’organisation et du travail dans un milieu qui demande beaucoup d’adaptation. Cette mission me fait grandir. » Oscar, volontaire en Isère

Léa, Océane & Mauranne, en Savoie, évoquent le « sourire » des enfants « toujours contents » de les voir. Des « jolis moments » captés par quelques photographies qui respirent le répit.

« Les Complices » engagés avec AG2R LA MONDIALE

Avec AG2R LA MONDIALE et le nouveau programme « Les Complices », Unis-Cité développe le Service Civique dans les EHPAD de la région, au bénéfice des résidents isolés.

Depuis le mois d’octobre, Unis-Cité intervient auprès de 12 Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) de la région avec deux objectifs spécifiques :

  • Mobiliser des volontaires en Service Civique pour proposer un accompagnement individuel aux résidents en situation d’isolement,
  • Et accompagner progressivement les EHPAD dans la prise en main du dispositif du Service Civique pour favoriser une implantation durable de cette solution dans les structures.

Un socle commun face à un enjeu de société

De nombreuses personnes âgées en EHPAD ne reçoivent que peu de visites de proches. Dans le même temps les professionnels des EHPAD ne peuvent accorder qu’un temps limité à chaque résident.

C’est sur ce besoin d’écoute individuelle des résidents que les volontaires en Service Civique interviennent, en complémentarité avec les animations collectives proposées par les animateurs des établissements par ailleurs. Ils assurent des visites en chambre, des activités selon les envies de chaque résident (jeux, discussions, partage de connaissance et de vécu), des balades accompagnées et un soutien pour des activités personnelles à l’extérieur. Ils tissent du lien avec ces résidents, générant ainsi une rencontre entre générations qui régénère le quotidien de ces aînés isolés.

Les établissements partenaires – dans l’Ain, le Cantal, la Loire, l’Ardèche, la Haute-Savoie et l’Isère – s’engagent dans une démarche visant à implanter le Service Civique durablement dans leur structure avec l’aide d’Unis-Cité Auvergne-Rhône-Alpes, explique Stéphanie Weydenmeyer, coordinatrice du projet dans le Cantal. Le soutien d’AG2R LA MONDIALE, sur deux années pour chaque EHPAD avec un montant dégressif, favorise ce passage en douceur vers une semi-autonomie ou autonomie complète des EHPAD dans l’accueil de volontaires en Service Civique.

L’objectif est ainsi de favoriser durablement le bien-vivre des personnes âgées résidant en EHPAD par la présence de volontaires « complices » à leurs côtés.

Des particularités selon les établissements impliqués
Les souriants volontaires engagés dans deux EHPAD du CIAS d’Annemasse-Agglo

Suite à un premier temps de familiarisation avec la structure et les résidents, la découverte mutuelle et l’instauration d’un lien de confiance, les volontaires engagés prennent aussi part à certains projets spécifiques des établissements et proposent des idées neuves.

Dans le Cantal, au sein de l’EHPAD Louis Taurant à Aurillac, les volontaires accompagnent les résidents à des sorties au restaurant. En Ardèche, dans l’enceinte de l’EHPAD Yves Perrin à Chomérac, les volontaires amènent les résidents à participer aux activités de gym douce, récits de vie et cuisine thérapeutique.

En Haute-Savoie, au sein de l’EHPAD Les Gentianes, dépendant du Centre Intercommunal d’Action Sociale (CIAS) d’Annemasse-Agglo, les volontaires participent à la médiation animale exercée auprès des résidents hébergés.

D’essentiels liens individuels tissés au fil des jours, pour un ancrage durable des volontaires en Service Civique, motivés pour connecter les âges.